SOUS-TITRES FRANÇAIS - EXPOSITION NUNO JÚDICE

 L'IMAGE DU POÉME - 50 ANNÉS DE VIE LITERAIRE DE NUNO JÚDICE (Comissaire: Ricardo Marques)

LÉGENDES DES VITRINES

JUVENILIA (jeunesse)

VITRINE 1

 

1. Voici un exemple de collaboration ekphrastique avec un autre artiste, dans ce cas Chantal Guiraud, dialogue qui reviendra dans cette exposition, dans la pièce de la plinthe de la salle principale, et que l’on peut envisager dans sa tridimensionnalité. “Nascente” semble être simultanément un art poétique et un dialogue étroit avec l’image centrale de l’artiste. Daté signé 7.X.2017.  

 

2. “O Caminho de Eros” (“Le chemin d’Éros”) et “A Transmissão do Mito para a figura” (“Transmission du Mythe à la figure”) (2013-15) sont deux livres manuscrits inédits figurant dans un cahier d’artiste où se mêlent poèmes et illustration. C’est là une activité à laquelle Nuno Júdice se consacre de façon tangible depuis la décennie 70 et qui constitue tout un important ensemble ekphrastique, non divulgué et encore à étudier. Dans ce cas précis, l’auteur remplit un carnet blanc avec deux livres, l’un commençant dans le sens normal, occidental, l’autre par l’extrémité opposée et en sens contraire. “Imagem construída” (“Image construite”), peut-on lire, comme un petit art poétique.

 

3. “A construção da figura” (“La construction de la figure”) est un livre d’artiste inédit avec des objets au milieu de quelques pages et des poèmes manuscrits datant de la fin 2015 à la fin 2018, comme ce “Nome” (“Nom”), l’un des derniers, daté à la main par l’auteur de 29.12.2018.

 

4. « Livro » est un cahier d’artiste avec de nombreuses illustrations et des poèmes datés, comme mentionné en couverture, de 2010-11, où la forme géométrique et la couleur, à la manière futuriste et dadaïste, semblent prédominer. On y trouve également des collages. Une fois de plus, comme dans la citation autobiographique du panneau ci-dessus ou dans le poème d’à côté, l’image ‘explique tout’ dans cette “Prescrição nocturna” (“Prescription nocturne”) qu’est aussi la poésie.

 

5. Cahier sans titre, probablement daté des années 70 et avec des incursions postérieures en 1987. Dans ce cahier, comme nous pouvons le lire, il y a de nombreuses interrogations sur ce qu’est écrire, ‘la nécessité d’écrire’, sur le ‘travail biographique’ dans le ‘travail du texte’, autant de thématiques auxquelles le poète est resté fidèle jusqu’à aujourd’hui. On remarque encore le collage d’autres textes dactyloscripts sur les pages, pratique fréquente dans des cahiers comme celui-ci, tout comme l’usage de la couleur, contrastant et expérimental.

 

VITRINE 2

 

6. Dessin inédit de Nuno Júdice enfant, fait à Mexilhoeira Grande (Portimão), qui montre un vieux mendiant du coin du nom de “Zé Rena”.  [années 50, s.d ]

 

7. “Fragmento de Biografia”, poème dactyloscript, daté d’avril 1972, mois où est sorti son premier livre, A Noção de Poema, que l’on verra dans la prochaine vitrine. Qu’est-ce qu’écrire, pourquoi et comment sont, dès lors, des thèmes majeurs de l’auteur, comme le montre ce carnet d’artiste de la vitrine précédente. La métapoétique, ou pensée théorique sur le poème au moment de le faire, est un axe fondamental de sa poésie.

 

8.  “Une fleur inaccessible”, poème dactyloscript inédit et avec des biffures, daté d’octobre 1968, où l’auteur semble traiter poétiquement de souvenirs d’un voyage au nord de l’Europe en compagnie, entre autres, de Luís Miguel Cintra (vd. Le poème final de Poesia Reunida, 2000).

 

9. “A-nálise”, poème inédit dactyloscript avec des biffures, daté d’octobre 1976. Ce début des années 1976 est un temps de questionnement sur la “notion de poème’ pour Nuno Júdice, chemin qu’il parcourra dans les décennies suivantes de différentes façons. Ce poème semble en syntonie avec d’autres poétiques également, issues de la révolution expérimentale des années 60 qui portait le mot à l’extrême du signifié et de la matérialité de l’espace. C’est le cas de Ana Hatherly et de Fiama Hasse Pais Brandão qui avait publié Homenagemàliteratura en cette année 1976.

 

10. “A Christmas Souvenir” est un dactyloscript inédit, biffuré à l’avant-dernière strophe, que nous ne pouvons dater, mais qui se rapporte au souvenir de Noël 1959, en Algarve. Il y a une intertextualité avec Fernando Pessoa et ses poèmes de Noël, tout spécialement “Chove. É dia de Natal” (“Il pleut. C’est le jour de Noël”) et “Natal. Na província neva…” (“Noël. Il neige en province…”), ce dernier ayant été publié dans Notícias Ilustrado, nº 29, Lisbonne, 30-12-1928. L’intertextualité et l’intérêt porté à Pessoa sont un axe important de son œuvre poétique.

 

ANNÉES 70

VITRINE 1

 

11. Les éditions originales de A Noção de Poema [1972] et de Crítica doméstica dos paralelepípedos [1973], Prix Pablo Neruda, ses deux premiers livres à Publicações Dom Quixote, à côté de la réédition commémorative, de 2015, des 50 ans de la maison d’édition. Entre ces deux livres, il y a eu O Pavão Sonoro, toujours en 1972, que l’on peut considérer comme un complément métapoétique de A Noção de Poema. On peut en lire la première critique, sous la plume de Manuel Gusmão, sur le panneau ci-dessus. Nos Braços da Exígua Luz, dans le coin inférieur droit, a été publié par Arcádia en 1976. C’est son cinquième livre de poésie. 

 

12.  As inumeráveis Águas, daté de 1974, est son premier livre publié chez Assírio & Alvim qui était alors à ses débuts ("Cadernos peninsulares, nova série, literatura 6"). La couverture est du graphiste bien connu Dorindo de Carvalho. Ce livre a obtenu, à sa parution, une critique de Fernando Guimarães dans la revue Colóquio-Letras (voir le panneau) avec qui Nuno Júdice allait collaborer plus tard – en compagnie de Mário Claudio et de Pedro Tamen, pour le livre As Palavras da Tribo (Les mots de la tribu) (Lisboa, Altamira, 1985, illustrations de José de Guimarães).

 

13. “O valor do poema” [“La valeur du poème”] est un poème dactyloscript de 1972, avec des biffures, qui a déjà été transcrit dans la revue Relâmpago, n° 25 d’octobre 2009. Dans ce numéro dédié au thème “Poesie et argent”, Nuno Júdice réfléchit à “la valeur du poème” à partir de son texte, mettant en équation la question des droits d’auteur : “Je ne sais si c’était beaucoup ou peu, les huit cents escudos (aujourd’hui quatre euros… manifestement, il faudrait actualiser cette valeur) que mes comptes poétiques attribuaient au travail d’écriture de chaque poème, ce que je sais c’est que l’ironie sous-jacente à ce texte courait le risque, dans un pays où les lectures ne dépassent quasiment jamais le premier degré, d’être interprété comme une déviance ‘capitaliste’ (j’utilise les concepts politiques de l’époque), et mon geste purement et simplement comme intéressé. En fait, je me limitais à poser la question très simple de ‘à chaque seconde son travail’, et rien de plus ‘socialiste’ (je reviens au langage de l’époque) que cela”.

 

VITRINE 2

 

14. “O Inverno Real” (“L’hiver réel”) d’octobre 1976 est un dactyloscript inédit, avec l’incorporation de dessins au stylo feutre, procédé commun dans ces documents.

 

15. De Antero de Quental: Odes Modernas, Primaveras Românticas e Sonetos.

Antero de Quental est l’un des auteurs que Nuno Júdice a le plus travaillé académiquement, comme le prouvent les présentes éditions de Ulmeiro en 1983, suivies d’autres, nommément celles de Imprensa Nacional. Parallèlement, Quental a été une source d’inspiration pour Última palavra: ‘Sim’ [1977] et Antero. Vila do Conde [1979], deux livres édités chez &etc, de Vítor Silva Tavares. Ce sont respectivement ses premières œuvres de fiction et de théâtre.

 

16. “Si c’est cela la trahison !” [s.d.] est l’un des manuscrits inédits les plus beaux du fonds de Nuno Júdice, partie intégrante d’une série de feuilles manuscrites avec des dessins du Peintre António Sena. Une fois de plus, il convient de remarquer l’allusion à d’autres écrivains : nommément Ezra Pound ainsi que Joyce, référé également pour ses livres Finnegans Wake et Ulysses. Cette feuille est aussi le témoin de la quantité de textes écrits directement en français par l’auteur, conservés dans son fonds, dimension inédite et à étudier de son œuvre poétique.

 

17. Novela Despropositada [1977], de Frei Simão António de Santa Catarina, o Torto de Belém, est la première édition académique de Nuno Júdice, publiée chez Assírio & Alvim en 1977. À propos de l’auteur, Júdice écrit dans sa préface au livre : “Il nous reste à dire, quant à l’auteur, qu’il s’appelle Frei Simão António de Santa Catarina, moine jéronimite, surnommé le Torto (Tordu) de Belém. Tomás Pinto Brandão, qui a eu avec lui plusieurs polémiques, l’appelle tout simplement Torto ; Belém devait être toponymique. Pinto Brandão étant mort en 1743, il est peu probable que le frère ait été plus jeune, d’où l’on situera sa vie pendant la seconde moitié du XVIIème siècle et la première moitié du XVIIIème – s’éloignant déjà du baroque dont il se moque à la façon du Judeu, mais pas assez loin des arcades pour négliger l’usage du style et des artifices des poètes de la Fénix Renascida”.

 

18. “O fim aproximava-se. No entanto […]” (“La fin s’approchait. Cependant […] ”), du 17 mars 1974, “Reagindo contra a prisão e o exílio” (“Réagissant contre la prison et l’exil”), d’avril 1974 et “Movimento de Massa em 25 de Abril” (“Mouvement de masse le 25 avril”), d’avril 1981 sont trois poèmes inédits dactyloscripts trouvés dans le fonds du poète directement en relation avec le jour de la révolution des œillets.  On remarquera le caractère prophétique du premier et du deuxième poème, écrits plusieurs jours avant le coup d’état et où sont traitées des questions d’injustice sociale, de prison et d’exil.

 

ANNÉES 80

VITRINE 1

 

19. Les dactyloscripts et les manuscrits présentés dans cette vitrine sont unis par une très forte composante visuelle : “Afastar-se-á dos caminhos conhecidos” (“Il s’éloignera des chemins battus”) ou “Poema do ‘lápis verde’” (“Poème du ‘crayon vert’”) qui est daté de Novembre 1986 et incorpore le poème presque calligrammatique d’un crayon dans la tache graphique du poème, alors que “Marinha” (“ Marine”), de mars 1983, inclut un collage avec une coordonnée visuelle de lecture au sein même du poème. La biffure finale est à la fois un dessin de la mer et le stylo bleu. C’est là le seul ensemble de cette vitrine à ne plus être inédit, puisqu’il a été publié dans une revue académique brésilienne en 2012.

Plus calligrammatiques, à la manière de Guillaume Apollinaire, “Manuscrito numa garrafa” (“Manuscrit dans une bouteille”) (s.d., années 90) est paru ultérieurement, dans une version différente, sur une carte postale de la Casa Fernando Pessoa (c. 2000), en bas, et “Poetrypoesia”, daté par l’auteur du 14 août 1987, l’un des plus beaux objets de cette exposition, véritable art poétique, suivent de près une tradition graphique du Baroque.

 

20. “Linha” (“Ligne”), poème dactyloscript inédit de septembre 1978, s’empare de la figure tutélaire du Modernisme, Pablo Picasso, esprit expérimental et novateur, pour composer un poème circulaire, anaphorique, construit en enjambement, sur l’importance de la ‘ligne’ dans le faire d’une œuvre d’art (que ce soit un poème ou un objet plastique).

 

21. “Rimbaud inverso” est un livre d’artiste composé en trois jours au mois d’avril 1985, comme l’indique la couverture. Plus tard, en 1991, le livre est intégré en tant qu’inédit dans le volume réunissant toute l’œuvre poétique de 1972 à 1985 (exposé dans la vitrine suivante), mais seulement dans sa composante textuelle, sans images. Son caractère parodique et intertextuel à l’égard du poète français apparaît dès l’épigraphe “O pastiche é um pastis” (“Le pastiche est un pastis”). Dans les années 80 également – décennie où il entame une étude intense sur le Modernisme et le Futurisme –, son O Voo de Igitur Num Copo de Dados [&etc, 1981], est une allusion claire et subversive au pionnier du Modernisme, Stéphane Mallarmé. 

 

VITRINE 2

 

22. A partilha dos mitos [1982], est un livre de poésie qui constitue le n° 10 de la collection “Inverso” de l’éditeur Na Regra do Jogo, de Porto. Nuno Júdice a pas mal collaboré avec des éditeurs du nord du pays, nommément avec Inova où il a publié, en 1978, un folio-poème intitulé O Corte na Ênfase (La coupure dans l’emphase), et trois ans plus tôt O Mecanismo Romântico da Fragmentação (Le mécanisme romantique de la fragmentation).

 

23. A Era de Orpheu a été publié en 1986 par Teorema, puis réédité en 2003 par le même éditeur, avec une couverture de Jorge Colombo. Fernando Guimarães, poète et pionnier de l’étude des revues littéraires du Modernisme, a écrit à propos de ce livre : “Ce livre nous permet de voir, fondamentalement, la façon dont la création littéraire de la génération d’Orpheu a été lue, en tenant surtout compte des différents texte polémiques et critiques publiés entre mars et août 1915 par les journaux de cette époque. Il s’agit donc d’une proposition extrêmement suggestive puisque, en nous penchant sur ces textes, il nous est relativement facile de détecter quelles étaient non seulement les options communes de lecture à cette époque-là […] mais aussi les attentes que la transformation-même de la création littéraire ne pouvait manquer de produire. ” (Revue Colóquio/Letras. Recensions Critiques, n.º 99, Sept. 1987, p. 124). 

 

24. A Condescendência do Ser [1988], Enumeração de Sombras [1989] e Regras da Perspectiva [1990] sont les trois livres qu’il a publiés à la fin de la décennie 80 chez Quetzal, tout-de-suite après le prix PEN en 1986. Ces trois livres sont importants pour cimenter sa réputation de poète incontournable de la nouvelle génération, confirmée lors de la décennie suivante.  

 

25. Lira de Líquen (Lisboa, Rolim, 1986) est encore aujourd’hui l’un de ses livres les plus reconnus. Œuvre récompensée par le Prix Pen Club en 1986, il possède des hors-textes de Jorge Martins, comme on le voit ici avec le poème “O viajante” (“Le voyageur”). Il est accompagné par la reproduction d’un poème dactyloscript inédit, trouvé dans le fonds, “Lira de líquen” (“Lyre de lichen”), justement. Ce poème, daté de 1981, précède le livre de 1985, mais n’y est pas inclus. Cette découverte a fait l’objet d’un article en 2015, à l’occasion d’une rencontre célébrant l’œuvre du poète, à Lyon (France). 

 

26. Adágio [1984] est l’un des premiers livres en prose, publié chez son éditeur des années 80, Quetzal. Autres livres de fiction des années 80 : Plâncton (Contexto, 1981), A Manta Religiosa (Contexto, 1982) et O Tesouro da Rainha de Sabá, Conto Pós-Moderno (Rolim, 1984).

 

27. Obra poética 1972-85 (Quetzal, 1991).

Ce volume réunit les livres suivants de Nuno Júdice : A Noção de Poema (1972), O Pavão Sonoro (1972), Crítica Doméstica dos Paralelepípedos (1973), As Inumeráveis Águas (1974), O Mecanismo Romântico da Fragmentação (1975), Nos Braços da Exígua Luz (1976), O Voo de Igitur Num Copo de Dados (1981), Partilha dos Mitos (1982), Lira de Líquen (1985) et Rimbaud Inverso (original dans la vitrine précédente).

 

Années 90


VITRINE 1

 

28. Poesia Reunida 1967-2000 (Dom Quixote, 2000) rassemble toute la poésie publiée jusqu’en 2000, à l’exception de quelques livres dont le support matériel et la nature visuelle ne permettaient pas l’inclusion. L’auteur décide d’ajouter un livre inédit (Rimas e Contas), ainsi que le poème autobiographique “ Poema sobre uma antiga partitura” (“Poème sur une partition ancienne”), publié antérieurement dans la revue Hífen n° 13, assez éclairant sur le contexte où surgit sa première poésie. Le texte introducteur, de Teresa Almeida, est, aujourd’hui encore, une pierre de touche pour son œuvre poétique.

 

29. Meditação sobre Ruínas [1994, Prix de Poésie de l’APE] est sans aucun doute l’un des livres les plus lus, connus et traduits de l’œuvre poétique de Nuno Júdice, un livre assez européen, ayant pour base une ample réflexion sur l’exil d’Ovide. À côté, sa première traduction, chez Gallimard (1996) accompagné d’un autre livre (Um canto na espessura do Tempo, 1990).

 

30. Sertório, de Pierre Corneille [Relógio d’Água, 1997]. Outre le fait qu’il soit en train de devenir un dramaturge, Nuno Júdice a commencé à traduire du théâtre dans la décennie 90.  Il débute avec cette pièce, mise en scène par la compagnie Cornucópia. Autres traductions de pièces de théâtre : D. João de Molière (Campo das Letras, 2006), Cyrano de Bergerac, de Edmond de Rostand (Bicho do Mato, 2013) et, plus récemment, de William Shakespeare, Tanto Amor Desperdiçado (Bicho do Mato, 2016).

 

31. A Árvore dos Milagres (2000) est une série tripartite de récits. L’un de ces trois noyaux fictionnels est dédié à la sœur Mariana Alcoforado, mythe portugais sur lequel il revenient plus récemment, la veille des 350 ans de la publication des lettres (Cartas portuguesas. Cartas de uma religiosa portuguesa / trad. Filinto Elísio. Il s’agit de lettres intimes d’une illustre inconnue, offertes au public par un anonyme, éd. et préf. Nuno Júdice, Lisboa, Sibila, 2018).

 

32. Erdal Alova, A linguagem da areia (le langage du sable), Quetzal, 1997. (Traduction collective de Fiama Hasse Pais Brandão, Rosa Alice Branco, Fernando Echevarría, S. Epözçelik, Egito Gonçalves, Nuno Júdice, Zafer Öguz, Wanda Ramos, Jorge Velhote).

Nuno Júdice est co-coordinateur du Séminaire de Traduction Collective de la Casa de Mateus (Vila Real), un programme de rencontres de traduction inédit jusqu’alors au Portugal, et qui a commencé à se développer en 1990. Deux poètes étrangers sont invités en résidence chaque année à la Maison, puis sont traduits par un groupe de poètes et de traducteurs portugais. Quetzal a publié, entre 1990 net 2001, seize anthologies individuelles de ces poètes, comme celle présentée ici.

 

33. A Fonte da Vida [1997] est encore un livre de poèmes publié par Quetzal, dans les années 90, où la thématique amoureuse prend le dessus. Les couvertures de ces livres présentent toujours la reproduction d’un portrait de femme, sujet fondamental de la poésie de Nuno Júdice. Ici, “Iconoclastia” poursuit sa méditation poétique sur l’image en poésie.

 

VITRINE 2.

 

34. Viagem num século de poesia portuguesa (Voyage dans un siècle de poésie portugaise), de 1997, est un long essai qui parcourt la littérature du XXème siècle au Portugal. Publié en français avant l’édition portugaise (1993), il a connu un succès auprès de la critique et du public. Il a été réédité.

 

35. Cancioneiro de D.Dinis [Teorema, 1998]. Parallèlement à Antero de Quental, D. Dinis est un autre des auteurs à qui Nuno Júdice a voué une attention particulière. La littérature médiévale fut aussi un centre d’intérêt, puisqu’il est devenu docteur en 1986 avec une thèse intitulée O espaço do conto no texto medieval (L’espace du conte dans le texte médiéval) (publiée en 1991 par Vega).

 

36. Viagem das Palavras (estudos sobre poesia) (Voyage des mots (études sur la poésie), de 2005, est un ensemble de vingt articles sur la poésie qui forment une unité permettant leur réunion dans un volume unique. L’auteur donne toujours la priorité au mot, nous entraînant dans un voyage à travers des auteurs moins divulgués, moins étudiés, nous invitant à revisiter des auteurs consacrés, ou simplement à une approches des différentes métamorphoses qu’acquiert le mot, tout spécialement dans sa relation aux autres arts toujours présente dans sa propre poésie. 

 

37. Raptos = Enlèvements = Kidnappings, édités en partenariat par Casa Fernando Pessoa et Quetzal en 1998 possède de beaux intertextes de Jorge Martins, comme dans ce “Rapto de Europa” (“Enlèvement d’Europe”). Livre trilingue, il a été incorporé dans Obra Poética de 2000, dans la vitrine précédente, seulement dans sa version originale en portugais.

 

 

ANOS 2000

VITRINA 1

 

38. Geografia do Caos [2005] est un livre de poèmes où l’engagement poète vis-à-vis du réel est assez marqué : accompagnée de photos d’objets du Musée Archéologique de Faro, concomittante avec des photos de l’Algarve actuel (toutes de Duarte Belo), c’est une méditation poétique sur les ruines, ou une ‘géographie du chaos’ où la pression touristique noie cette région portugaise où est né l’auteur. Il est accompagné de sa traduction en français, publiée récemment, et dont fait également partis O Breve Sentimento do Efémero (Le sentiment fugace de l'éternel; Suivi de Géographie du chaos; trad. Béatrice Bonneville-Humann, Yves Humann, Ed. de Corlevour, collection Nunc, les tirés à part , 2015).

 

39. O Breve Sentimento do Efémero [2008] est un livre spécial car, pour la première fois, il présente les manuscrits avec leurs biffures face aux sonnets respectifs déjà imprimés. Ce lien au manuscrit, et donc à la matérialité du support et du mot, est incontournable jusque dans sa poésie la plus récente. L’année suivant la publication de ce livre, la photographe Maria José Palla a lancé un défi au poète (qu’elle avait déjà photographié pour le livre Poètes) : faire une exposition conjointe à la Bibliothèque Nationale du Portugal, dont est exposé le dépliant.

 

40. Um país que sonha: Cem anos de poesia colombiana [2012] fait partie des traduction récentes les plus importantes de Nuno Júdice. C’est une traduction sélectionnée par la poète colombienne, installée au Portugal, Lauren Mendinueta, avec qui Júdice a aussi collaboré à une autre traduction paradigmatique de cette vitrine, de María Gomez Lara, XXVII Prix International de Poésie Fondation Loewe pour les Jeunes Créateurs (Nó de sombras, prol. Lauren Mendinueta, Lisboa : Glaciar, 2015).

 

41. El misterio de la belleza (Le mystère de la beauté) est sorti d’abord au Mexique en 2010 (ed. UANL-Capilla Alfonsina). C’est le dernier livre de poésie que Nuno Júdice ait publié, dans la collection Inédits du journal Expresso, dans sa version originale, en 2018. La traductrice en est Blanca Luz Pulido, poète qui vient de traduire Meditação sobre ruínas [Textofilia Ediciones, 2018]. Elle a également traduit, en 2001, Teoria Geral do Sentimento [Trilce Ediciones].

 

VITRINE 2

 

42. Na Teia do Poema: um percurso intertextual na obra poética de Nuno Júdice [Chiado Editora, 2013] a pour base la première thèse de doctorat soutenue sur la poésie de Nuno Júdice, em 2010. Comme son nom l’indique, elle suggère une lecture de cette poésie à travers son lien à d’autres poétiques et à d’autres éléments de la culture européenne et mondiale, proposant que le voix de Nuno Júdice émerge de ce dialogue, fortifiée et unique.

 

43. Devastación de Silabas [2013] est une anthologie produite par le Prix Reina Sofia de Poésie Ibéro-Américaine, l’un des prix européens de poésie les plus prestigieux, et qui lui fut attribué cette année-là. Organisée et sélectionnée par le professeur portugais installé en Espangne Pedro Serra, c’est une anthologie bilingue, avec une préface importante et étendue, qu’il a rédigée.

 

44. La maleta del poeta [Trilce, 2018] a surgi à la suite de la représentation du Portugal à la foire de Guadalajara (Mexique). C’était l’occasion de faire une anthologie ample des presque cinquante ans de poésie publiée.

 

45. Pedro, lembrando Inês [2002] est un petit livre basé sur un autre thème fondamental de la culture portugaise : l’amour tragique de D. Pedro pour Inês de Castro, ce qui place une fois de plus Júdice sur la voie de la méditation sur l’amour, comme dans des livres antérieurs (Teoria Geral do Sentimento, de 1999, ou Árvore dos Milagres dans une vitrine précédente), en étroit dialogue métatextuel avec les thèmes essentiels de notre culture. Ce livre a um hors-texte de Graça Morais.

 

46. A Implosão [2013] est son livre de fiction qui a connu le plus grand succès de librairie, trois fois réédité la même année. Controversé et polémique, il traite d’un homme qui porte un regard rétrospectif sur la crise économique à travers le destin qu’a connu la génération d’Avril. Ce thème fut décisif dans l’adhésion de la critique et du public. Le Mythe d’Europe [2017] est le pendant poétique de ce dernier livre puisqu’il est sorti après la fin de l’austérité au Portugal. Il s’empare du mythe de l’enlèvement d’Europe (déjà vu dans une vitrine antérieure) pour parler de la place du Portugal et du moment actuel du vieux continent.

 

47. Geometria Variável (2005, Grand Prix de Littérature DST) est encore un livre essentiel dans l’œuvre poétique la plus récente de Nuno Júdice. “Teoria do enigma” (“Théorie de l’énigme”) est une ‘explication du poème’ qu’il faut ajouter à l’une des métapoétiques fondamentales de la poésie européenne actuelle.

 

TOTEM CENTRAL

 

“Noces/Núpcias”, poème avec peinture, daté du 7.IV.2016, est l’un de ceux qui appartiennent au fonds du poète. Il constitue un dialogue ekphrastique avec l’artiste Chantal Guiraud, également présente dans la première vitrine de cette exposition. L’exemplaire est le n° 2/4.